Sur le tamazight dans les institutions et l'aliénation linguistique - Mimoun Amsbrid
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La « question amazighe » est récemment revenue dans la circulation des médias de toutes sortes, après que le nouveau gouvernement et les instances élues ont commencé à exercer leurs fonctions constitutionnelles.
L'adepte de la voie amazighe dans son aspect linguistique constate sans effort qu'elle est en place depuis au moins 1994 (date de l'insertion du « Bulletin des dialectes » à la télévision publique). Depuis un quart de siècle, malgré les percées amazighes aux niveaux symbolique, constitutionnel, juridique et, dans une moindre mesure, procédural, les « élites » avec leurs diverses positions, affiliations et domaines d'intervention sont encore gouvernées, consciemment ou inconsciemment , par une vision supérieure vers le tamazight, implantée par un siècle d'arabisation et d'occidentalisation, dans l'imaginaire culturel et linguistique des générations successives de marocains. Dès qu'on descend du ciel des discours et des slogans au sol de la réalité pratique, la réalité des institutions : des corps élus et des services publics comme l'éducation, l'administration et la justice… jusqu'aux symptômes de l'inconscient culturalo-linguistique qu'est implantés sous la forme d'attitudes individuelles et de comportements institutionnels remontent à la surface.
Tous deux font obstruction au mouvement de normalisation avec les Amazighs en vidant les acquis contenus dans les discours royaux et le document constitutionnel (dans l'attente d'un amendement constitutionnel qui égalise les deux langues officielles de l'Etat, sans discrimination hiérarchique comme c'est le cas dans l'actuel constitution), et même dans la « loi d'organisation » qui a été formulée comme Elle semble accompagner le Tamazight dans la dernière étape de sa mort.
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La reconnaissance de l'amazigh au Maroc n'est encore qu'encre sur papier Et si l'on évoque l'imaginaire linguistique et l'inconscient qui gouvernent l'attitude des « élites » à l'égard de l'amazigh, c'est que cette position est semblable à ce que la psychanalyse a observé des manifestations du stock inconscient au niveau du comportement même dans sa forme la plus rationnelle. formes. Apparemment. Ainsi, on retrouve des membres de ces « élites » justifiant des considérations rationnelles, dont certaines sont sunnites (la multiplicité des dialectes berbères), dont certaines sont techniques, logistiques, et dont certaines sont financières, mon budget… En fait, elles sont rien que des arrogances (alibis) à travers lesquelles ils déboursent le subconscient culturel-linguistique étouffé mentionné. . C'est qu'alors qu'ils invoquent ces prétextes et justifient ces « maux », ils ne font rien pour les vaincre ; Au contraire, ils travaillent à le perpétuer afin qu'ils puissent continuer à empêcher le tamazight de s'institutionnaliser pour des raisons «objectives».
Elle a également évoqué l'inconscient linguistique (au sens ici)
car le spectateur du problème de l'intégration du tamazight dans les institutions n'a pas de mal à s'apercevoir qu'il s'agit, en grande partie, d'un problème berbéro-amazigh. La preuve la plus évidente en est la querelle qui a eu lieu récemment au Parlement entre le ministre amazigh de la justice (Al-Soussi) et le chef de l'équipe Harki, également amazigh, après que le premier ait refusé de répondre en tamazight à une question dans le même langage que lui a posé un adjoint de la même équipe, invoquant l'impossibilité de communiquer entre le questionneur et le répondant.
Et ce malgré le fait que la question du député a été formulée dans des mots du lexique berbère commun, que tout berbérophone peut comprendre, quel que soit son dialecte ; Bien que le ministre ait reçu - selon la procédure établie - la version arabe de la question. Le refus du ministre de langue amazighe de répondre en tamazight à une question posée en tamazight n'est rien d'autre qu'une confirmation de ce que nous avons expliqué plus haut sur le fait que les comportements linguistiques institutionnels exposent l'inconscient culturo-linguistique des élites : cet inconscient fondé sur le fait que le tamazight , de par sa nature, ne peut être un outil de communication institutionnelle d'aucune sorte. (C'est le même subconscient qui fait que les langues arabe et française monopolisent ce rôle, même si nombre d'acteurs de cette « communication » ne sont maîtrisés ni par l'envoi ni par la réception, comme en témoignent les « scènes linguistiques » devenues un matériel riche pour rire et rire dans les médias sociaux.
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En fait, ces deux langues n'ont jamais fait l'objet d'une évaluation basée sur l'efficacité communicative, mais se sont vu confier la mise en avant - dans le contexte marocain - d'une fonction rituelle (rituelle), qui est de suggérer la distance institutionnelle, au sens de notifiant au public supposé qu'il s'agit d'un type particulier d'énonciation : l'énonciation institutionnelle. Et que la communication aille en enfer ! Et que le monologue institutionnel règne !).
L'inconscient linguistique fabriqué, fondé sur l'acceptation de l'aliénation culturalo-linguistique comme condition d'affiliation à la formation socioculturelle issue de la politique d'arabisation et d'occidentalisation des « élites » amazighophones, a pu en faire un facteur de résistance à son insertion effective dans les institutions ; Ainsi, il lève l'embarras des anti-tamazight traditionnels.
L'attitude des « élites » berbérophones à l'égard de leur langue prend une forme caricaturale lorsqu'il s'agit d'électeurs collectifs qui dirigent des groupements ruraux et semi-ruraux (bien qu'ils soient classés comme urbains), situés au plus profond des zones berbères monolingues, qui n'étaient arabisés que par l'école. Où l'on retrouve ces élus s'évertuant à tenir une rhétorique qui évoque à la fois le ridicule et la pitié, ni en arabe ni en tamazight, du fait de leur manque de maîtrise du premier et de leur insistance pourtant à « communiquer » avec lui. Qu'est-ce qui empêche ces élus de communiquer dans leur langue tamazight, qu'ils parlent avec légèreté, avec agitation, avant et après les séances ? N'est-ce pas lié au « nœud amazigh » qui est profondément ancré chez nombre de ses locuteurs qui travaillent dans les affaires publiques ? Un complexe qui trouve son origine dans l'inconscient culturel et linguistique qui s'est installé chez les Marocains par un siècle d'arabisation et d'occidentalisation.
Le comportement linguistique de ces élus et autres responsables berbérophones me rappelle la pratique d'un de mes premiers émigrés en Europe : il envoyait des cassettes à sa famille berbère à la campagne, dans lesquelles il s'efforçait de parler en « arabe » grotesque. à cause de son ignorance presque complète de celui-ci; C'est dans sa conviction que la langue amazighe n'est pas capable d'être enregistrée sur bande; et qu'il doit parler arabe s'il veut « communiquer » avec sa famille dans le pays ; Ces parents qui - quelle drôle d'ironie pleureuse - n'y comprennent rien !
Non loin de cet étrange comportement linguistique se trouve le comportement de bon nombre de ceux qui sont invités à s'exprimer à la radio et à la télévision « berbérophones » parmi les personnes instruites et éduquées travaillant dans divers secteurs liés à la vie des citoyens. Dès que le micro leur sera présenté, leurs berbères les quitteront et il ne restera d'eux que le prépositionnel et l'adverbe mouton !

Revenant au comportement linguistique des élus et fonctionnaires de langue amazighe, qui est l'acceptation de l'aliénation linguistique heureuse qui a pour effet de retarder l'intégration du tamazight dans les institutions, force est de reconnaître que le mouvement amazigh est en grande partie responsable de cette situation ( mais la première et dernière responsabilité incombe à l'État marocain qui a accepté l'aliénation culturelle. La linguistique est une croyance, sacrifiant ainsi son identité et son originalité au profit d'un arabisme idéologique qui n'a aucun appui de l'histoire, de la géographie ou des peuples. La responsabilité du mouvement réside dans le fait que, pendant des décennies, il s'est contenté d'un travail culturel qui, malgré sa nécessité, reste élitiste, quelle que soit l'étendue de ses cibles.
Ceci, alors qu'elle devait allier travail culturel et travail politique. Ce dernier est celui qui l'a fait éclater en institutions à tous les niveaux et domaines de fonctionnement : législatif, exécutif, représentatif et administratif. C'est la réticence du mouvement amazigh à s'engager dans la politique au sens noble (gestion des affaires de la ville) qui a maintenu ces institutions entre les mains des anti-amazighs et des heureux locuteurs aliénés du type précité.
L'action politique dans le sens susmentionné commence par l'engagement dans le travail social dans tous ses domaines. Parce qu'il permet d'entrer en contact avec les citoyens et de connaître leurs préoccupations et leurs besoins, tout en prenant les initiatives appropriées pour combler au maximum les lacunes du travail institutionnel, ou en plaidant pour eux auprès des autorités compétentes... La langue chez les locuteurs amazighs, sur d'autre part, et de lever les soupçons entretenus par les islamistes anti-amazighs et les nationalistes sympathisants du mouvement amazigh : sa nature et ses objectifs...
Rien n'empêche un acteur social, qui a acquis une légitimité sociale par la pratique du terrain, de traduire son engagement social en engagement politique en postulant aux différentes élections électorales afin de représenter ses citoyens. En prenant d'assaut les institutions législatives, exécutives et administratives, l'acteur politique issu du mouvement amazigh pourra contribuer à transformer ces institutions qui entravent le mouvement d'intégration du tamazight dans la vie publique en facteurs et outils d'accélération de ce mouvement. Cependant, si le mouvement amazigh reste en retrait du travail culturel saisonnier et élitiste, méprisant le travail politique, nous continuerons à envoyer des locuteurs anti-amazighs et heureux aliénés de celui-ci dans ces institutions. Nous continuerons à regarder avec frustration ces scènes hilarantes et larmoyantes dans lesquelles les Amazighs se méprisent fièrement.
Cela, et peu importe le cadre politique dans lequel l'acteur amazigh opère : le plus important est la conviction personnelle qui créerait des blocs qui travailleraient dans l'intérêt de l'amazigh ou, du moins, contrecarreraient la volonté d'entraver son intégration dans le service public sous des prétextes qui ne sont en fait que des prétextes.
Le mouvement amazigh a déjà connu des agitations en ce sens durant la période précédant les dernières élections législatives et collectives. Il est prématuré de faire une évaluation globale de la participation à l'action politique au sein des partis existants. Ceci pour deux raisons dont l'une est : le petit nombre d'acteurs du mouvement amazigh qui l'ont rejoint ; Et l'autre : la courte période de temps pour la pratique. Cependant, cette précaution n'empêche pas d'enregistrer le fait que les scores délivrés par les institutions récemment élues n'incitent pas à l'optimisme. Mais céder au désespoir et à la frustration en pleurant sur les ruines amazighes n'est de toute façon pas une solution. Au contraire, la solution est davantage de travail social traduit politiquement, conduisant à prendre d'assaut les forteresses d'obstruction des Amazighs par la procrastination et à vider les gains de leurs implications pratiques.
Et pour les heureux pillards de langue amazighe, il est dit : Ayez honte de vous !