«IWANNUƔEN»:Légende des guerriers oubliés des portes de fer
«IWANNUƔEN»:Légende des guerriers oubliés des portes de fer 11082 
Dans la Kabylie des bibans, habitait jadis un peuple de guerriers braves et altiers que les sources historiques retiennent comme IWANNOUGHEN (IWANNUƔEN). En bons et nobles Kabyle, ils s'attribuent eux-mêmes ce nom qu'on traduit littéralement comme Les "combattants".
C'était un peuple adepte du paganisme. C'est, à croire Mouloud Gaïd dans l'Histoire de Bejaia et de sa Région (1977), une des raisons de leur oubli intentionné. Pourtant, leur récit est plus que fascinant à le connaître et à le raconter. Un peuple qui croyait plus à la destinée d’un homme qu’au destin d’un peuple, selon Gaïd.
Ce farouche peuple de combattants habitait les monts qu’on nomme jadis TIGGURA N WUZZAL (portes de fer), traduit en arabe par les orientalistes français: les Biban (portes).
Ils étaient connus comme cultivateurs d’amandiers et comme apiculteurs. Ibn Khaldoun, dans « l’histoire des Berbères », a d’ailleurs parlé du fameux « MIEL de WANNOUGHA » qui se vendait à Bône et à Vgayet. Il a aussi fait référence à cette région classée comme rebelle, refusant les taxes des Sultans locaux.
L’histoire retiendra que C’était un redoutable peuple qu’on craignait. Le dicton kabyle de « Amokrane Awannoughe, Le pacte de paix est rompu » (Muqran Awannuɣ, Tarbuyt n Slam tluɣ) nous cache encore beaucoup sur ce redoutable chef guerrier.
Un autre dicton kabyle les remémore comme chauvins et fouteurs de troubles. On le dit parfois quand on s'adresse à un enfant turbulent : "Awannuɣ bu Caquṛ, anida yedda d laɛṛuṛ" ( wannoughe avec sa hache, où il va y a troubles certains).
On dit d’eux qu’ils considéraient le chacal comme ayant l’esprit espiègle et noble. Ils portaient d’ailleurs des queues de chacals et de renards autours de leur taille en hommage à cet animal sage. Quand ils le croisaient tôt le matin, ceci était vu comme étant signe de bonne augure! En outre, Leur instrument de musique préféré était la cornemuse à deux flûtes d’ivoire.
Jusqu’à récemment, on voyait un groupe d’hommes habillés de peaux de fauves, et qui venaient dans nos villages avec une cornemuse et des danses et acrobaties païennes. Ils ceinturaient une queue de renard et parlaient un kabyle ancien. Ils venaient en mois de Mai, comme s'ils voulaient nous rappeler un détail historique pesant. Si une femme veut que son nouveau-né survive, elle sort et elle danse avec eux. On les appelait «Ibuǧlimen n Wannuɣa », ou Boudjelima.
Les IWANNUƔEN ont disparu avec la venue des ancêtres Hammadites des AT Abbas. On ne sait pas s'ils étaient pacifiés (reconvertis à l'islam), chassés, ou massacrés. Ce qui est pour sûr c'est que le territoire connu comme TAGELDA N AT ƐEBBAS (ROYAUME DES AT ABBAS) était autrefois celui des IWANNUƔEN.
Souvent, l'histoire d'une terre et de ses hommes est concentrée amplement sur une période particulière et non une autre. Ce n'est assurément point une pratique anodine de trouver un chapitre sommaire sur l'antique Saldae et dix chapitres sur vgayet la musulmane. Tellement flagrant au point que lorsqu’on donne une bourse à un étudiant en histoire spécialisé dans le dossier antique de l'Algérie (qui n'a d'ailleurs appris ni le Latin ni le Grecque, ni le Punique, trop coûteux se disent-ils) on octroie une 
! dizaine à une promotion d'étudiants en histoire qui couvre la période islamique de cette terre










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